Je porte ma maison sur mon dos et je ne suis jamais pressé. Qui suis-je ?
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L'escargot
Pas par difficulté : par âge. Ce n'est pas la même chose, et c'est ce qui évite de poser à un enfant de quatre ans une devinette qu'il ne peut pas comprendre, quelle que soit son intelligence.
Je marche avant de voler et je passe l'hiver enfermé dans un sac que j'ai tissé. Qui suis-je ?
La chenille
Thème animaux, renouvelée chaque jour à minuit. Celle du .
Il existe un moment assez net, autour de six ou sept ans, où les devinettes cessent d'être incompréhensibles pour devenir drôles. Ce n'est pas une question de vocabulaire ni d'intelligence : c'est la capacité à tenir deux sens d'un même mot en même temps qui se met en place à cet âge.
Avant, un enfant traite la phrase au premier degré. Si vous lui dites « j'ai des dents mais je ne mange pas », il ne cherche pas un objet : il vous répond qu'un peigne n'a pas de dents, ou il proteste que tout ce qui a des dents mange. Ce n'est pas une erreur de raisonnement, c'est un usage du langage qu'il n'a pas encore. Lui poser cette devinette produit de la frustration, pas du jeu.
Ce qui marche avant six ans, en revanche, ce sont les devinettes purement descriptives : celles où l'on énumère des caractéristiques vraies d'une chose que l'enfant connaît. « Je porte ma maison sur mon dos » est un jeu de description, pas un jeu de mots, et un enfant de quatre ans le résout très bien.
Les trois séries ci-dessous suivent cette progression. Elles ne sont pas des niveaux de difficulté : ce sont des types de devinettes différents.
Annoncez le thème d'abord. « Je pense à un animal » réduit le champ et transforme une question impossible en question jouable. Les adultes trouvent que cela facilite trop : c'est justement l'intérêt, parce qu'un enfant qui ne trouve jamais arrête de jouer.
Laissez le silence. Une minute paraît très longue quand on connaît la réponse, et c'est pourtant le moment où l'enfant travaille. Si rien ne vient, donnez un deuxième indice plutôt que la réponse : « c'est un animal qui n'a pas de pattes ». La réponse donnée termine le jeu, un indice le relance.
Enfin, laissez-le en poser à son tour, même si ses devinettes ne fonctionnent pas. Fabriquer une devinette demande de se mettre à la place de celui qui écoute, ce qui est un exercice bien plus formateur que d'en résoudre dix.
Des descriptions au premier degré, sans double sens.
Je porte ma maison sur mon dos et je ne suis jamais pressé. Qui suis-je ?
L'escargot
Je marche de travers et je pince ceux qui m'attrapent. Qui suis-je ?
Le crabe
Je travaille tout l'été et je porte dix fois mon poids. Qui suis-je ?
La fourmi
J'ai une trompe mais je ne suis pas un instrument. Qui suis-je ?
L'éléphant
Je tisse un piège, je m'assois au milieu, et j'attends sans bouger. Qui suis-je ?
L'araignée
Je suis blanc, je vis là où tout est gelé, et je nage très bien. Qui suis-je ?
L'ours polaire
Je tombe sans jamais me faire mal, et je fonds dans la main qui me ramasse. Qui suis-je ?
Le flocon de neige
J'ai des racines que personne ne voit et des bras que tout le monde escalade. Qui suis-je ?
L'arbre
J'ai quatre pieds et je ne marche pas. Qui suis-je ?
La table
Je suis le chapeau de la maison, et il pleut toujours dessus. Qui suis-je ?
Le toit
On se couche sur moi et pourtant je ne dors jamais. Qui suis-je ?
L'oreiller
Je suis jaune, acide, et personne ne me croque tout seul. Qui suis-je ?
Le citron
Le double sens devient compréhensible, et drôle.
J'ai huit bras, trois cœurs et pas un seul os. Qui suis-je ?
La pieuvre
Je marche avant de voler et je passe l'hiver enfermé dans un sac que j'ai tissé. Qui suis-je ?
La chenille
Je dessine sur les fenêtres en hiver, sans crayon et sans permission. Qui suis-je ?
Le givre
Je m'use par un bout et je m'efface par l'autre. Qui suis-je ?
Le crayon
Je fais des trous partout et personne ne m'en veut. Qui suis-je ?
La perforeuse
On me monte le soir et on me descend le matin, sans jamais me déplacer. Qui suis-je ?
L'escalier
Je suis la charnière entre la cuisse et le mollet. Qui suis-je ?
Le genou
J'ai une queue mais je ne suis pas un animal, et je suis rouge sans être gêné. Qui suis-je ?
La cerise
J'ai douze pages, trente jours pour la plupart, et je finis à la poubelle chaque année. Qui suis-je ?
Le calendrier
Je tire un traîneau et je porte une forêt sur la tête. Qui suis-je ?
Le renne
Je suis remplie d'air et je sauve pourtant des vies. Qui suis-je ?
La bouée
Je garde le pré et je ne mange jamais l'herbe. Qui suis-je ?
La barrière
La fausse piste assumée, et les combles.
Plus on me prend, plus je grandis. Qui suis-je ?
Le trou
Je tourne sans avancer et je sèche pourtant votre linge. Qui suis-je ?
Le tambour de la machine
Je suis noir au tableau et blanc dans la falaise. Qui suis-je ?
La craie
Quel est le comble pour un jardinier ?
Raconter des salades
Quelle est la voyelle la plus mouillée de l'alphabet ?
Le O, parce qu'il se prononce comme l'eau
Je me casse dès qu'on me dit. Qui suis-je ?
Le silence
Je suis un ver qui fabrique une étoffe de luxe. Qui suis-je ?
Le ver à soie
Je retiens la mer et je ne bois jamais. Qui suis-je ?
La digue
Je bois l'eau du seau et je la rends au jardin. Qui suis-je ?
La pompe
Je sonne midi deux fois par jour et je me trompe pourtant jamais. Qui suis-je ?
La cloche du village
Je bats sans être un cœur, et je gonfle sans être un ballon. Qui suis-je ?
Le poumon
Qu'est-ce qui devient plus léger quand on y ajoute quelque chose ?
Le ballon que l'on gonfle d'hélium
On lit souvent que les devinettes développent la logique. C'est à côté de la plaque : elles ne demandent presque aucune déduction. Ce qu'elles travaillent, c'est le vocabulaire et surtout la souplesse du langage, c'est-à-dire la capacité à comprendre qu'un mot peut désigner deux choses selon le contexte.
Cette compétence sert directement à la lecture. Un enfant qui bute sur les expressions imagées d'un texte, qui prend « il a pris ses jambes à son cou » au pied de la lettre, est le même qui bute sur les devinettes à double sens. Les unes entraînent les autres, et c'est probablement le seul bénéfice scolaire sérieux qu'on puisse leur attribuer sans exagérer.
Le reste, la mémoire, la concentration, la confiance en soi, relève de tout jeu pratiqué à plusieurs, et pas des devinettes en particulier.
Tout à fait, si vous lui posez des devinettes à double sens. Restez sur la série 3-5 ans, qui ne contient que des descriptions. Et annoncez toujours la catégorie avant : animal, objet de la maison, chose du jardin.
Oui. L'impression ne sort que les questions et les réponses que vous avez ouvertes, sur deux colonnes, sans le reste de la page. Pour une chasse au trésor, ouvrez d'abord les réponses dont vous avez besoin, puis imprimez.
Oui, et elles sont d'un autre genre : une charade découpe un mot en syllabes au lieu de décrire une chose. Elle demande de savoir découper les sons, ce qui vient vers sept ou huit ans, donc un peu après les premières devinettes.
Passez aux énigmes de logique, qui demandent un raisonnement et non un mot, ou au recueil complet des devinettes tous âges filtré sur le niveau difficile.